Josep Grau-Garriga est un peintre espagnol né à San Cugat del Vallès, Barcelone en 1929 et décédé à Angers le lundi 29 août 2011.
De 1943 à 1951, Josep Grau-Garriga est étudiant à l'école des Arts appliqués, puis à l'école des Beaux-Arts de Barcelone.
Josep Grau-Garriga réalise en 1954 une série de peintures murales dans différentes villes de Catalogne et exécute en 1957 ses premiers cartons de tapisserie et tableaux abstraits.
La même année,Josep Grau-Garriga travaille à Paris dans l'atelier de Jean Lurçat et commence également une œuvre gravée.
En Espagne, Josep Grau-Garriga développe une activité pédagogique importante (directeur artistique de l'école catalane de tapisserie de San Gugat del Vallès, professeur à l'école de Dessin textile de Madrid, à l'école des Arts appliqués de Barcelone), puis au États-Unis, au Canada, au Mexique et à Marseille, où il donne des cours et des conférences.
Reconnu pour ses œuvres textiles, Grau-Garriga a engagé des pratiques dépassant leur spécificité. Dès la fin des années 50, il développe une recherche de la matière, introduisant des matériaux divers, qui le mène dans une voie tout à fait novatrice dans l'art de la tapisserie.
Grau-Garriga réalise à partir de 1970 ses premiers environnements textiles monumentaux, confrontant ses propositions à des dimensions architecturales.
Ni sculpteur, ni peintre, ni artisan, Josep Grau-Garriga a su, toutefois, utiliser les spécificités de chacun de ces domaines pour renouveler les arts du textile de la seconde moitié du siècle.
Ses premières expositions importantes, aux États-Unis, datent de 1971 et plus récemment de 1989, à Angers.
Son œuvre, exposée dans les différents pays d'Europe, est présente dans les musées de Marseille, d'Arles (musée Réattu), au Houston Fine Arts Museum, au Metropolitan Museum de New York, au musée d'Art contemporain de Séville, au musée d'Art moderne de la Ville de Paris.
D'après l' Encyclopédie Larousse
Des rencontres...
Nous nous étions rencontrés, Josep Grau-Garriga et moi, par hasard (et par chance !) en juin 2008, à la Galerie A Vous de Voir.
Ma série de photographies recomposées consacrée à Marcel Proust avait attiré son regard et sa proposition d’échange de nos travaux m’avait surpris et...flatté à la fois.
Ensuite nos rencontres se sont faites plus fréquentes. Passant de longues heures à parler, nous nous sommes trouvé bien des points communs dans nos histoires familiales, nos enfances et nos préférences de tous ordres
. J’ai alors découvert un Grau-Garriga tellement aimable, d’une si grande culture et dont la vie foisonnante n’avait pas épuisé l’esprit de création, bien au contraire. Et cette audace, et ce renouvellement dans l’invention, toujours à la recherche d’expériences nouvelles (auxquelles il me mêla fort heureusement) !
La fabrication de ces grands panneaux pour le Portail de la Paix et dont il m’avait demandé d’assurer le suivi photographique, m’apportant, s’il en était besoin, la preuve de toutes ses qualités de jeunesse d’esprit intactes.
C’est donc en 2009 que Josep Grau-Garriga me propose de réaliser un travail en commun sur un support qu’il n’avait encore jamais expérimenté: le papier photographique. Je composerais de nouvelles photographies en me servant des reproductions de ses travaux pour mêler nos deux mondes.Tandis que de son côté, se servant de mes photographies d'origine comme support, il les "retravaillerait" à la peinture pour y installer son monde à lui.
L'idée est nouvelle et séduisante. Les discussions deviennent alors plus techniques et les contraintes communes sont définies. On comptera au total 24 "images" qui formeront la série. 12 "photographies recomposées" grâce aux possibilités numériques seront réalisées par moi. Elles seront tirées sur un support aluminium de 60 X 60cm. Auxquelles s’ajouteront une dizaine de mes photographies de format 50 X 50cm, "habitées" à l'aide de la peinture acrylique et/ou de collages par Josep Grau-Garriga.
Plus libre de mon temps, ma série sur support métallique était terminée en 2010. Josep Grau-Garriga, de son côté, malgré les nombreuses sollicitations et la tâche immense que constituait la réalisation des panneaux du Portail de la Paix , avait bien avancé.
Lors de ma dernière visite, huit jours avant sa disparition hélas, il m’avait montré une grande quantité de ses “images” étonnantes enrichies de ses signes et de son monde. L’exposition commune n’était plus qu’une affaire de semaines. Il avait déjà décidé du lieu de l'exposition, en plein centre d’Angers. L’aventure devait donc malheureusement s’arrêter là en sa compagnie.
Gérard Bertrand
Pour voir les 4 premières "images" de Josep Grau-Garriga à partir de mes photos comme supports, c'est ici